L'Herbu

Le blog d'Alain Dubois, Saturnin Pojarski et Augustin Lunier

Sauver la planète ? La sangsue et le poisson rouge

Notre cher aquarium

Notre cher aquarium

 

Les humains n’ont pas toujours détruit leur environnement comme ils le font depuis qu’ils sont sous le joug du système capitaliste. Celui-ci se comporte comme une sangsue qui suce progressivement la biosphère jusqu’à l’épuiser, et pollue son milieu de vie jusqu’à mettre en danger sa propre survie, comme un poisson rouge enfermé dans un aquarium qu’il remplit peu à peu de ses propres déjections jusqu’à son asphyxie.

 

Beaucoup de mouvements dits citoyens qui se sont construits autour des problèmes d’environnement sur notre planète disent depuis des décennies qu’ils veulent « sauver la planète ». En réalité, comme nous sommes nombreux à l’avoir souligné, la planète ne demande pas à être sauvée et l’humanité, si elle est capable de détruire son propre environnement et peut-être l’ensemble de la vie sur terre, n’en est pas encore au point de pouvoir détruire la planète en tant que telle, c’est-à-dire la faire exploser, s’abîmer dans le soleil ou quoi que ce soit d’autre. En revanche, la planète n’a pas « besoin » de porter de la vie à sa surface. Comme des millions d’autres, elle pourrait subsister pendant des millions d’années comme planète abiotique froide ou chaude, minérale ou gazeuse… Donc la formule de « se battre pour la planète » est un peu mal formulée.

Toutefois, on peut considérer qu’elle a une certaine pertinence si on considère que la planète est composée d’un certain nombre de sphères concentriques comportant la géosphère, c’est-à-dire l’ensemble de la partie minérale de la planète, depuis le cœur jusqu’à la surface continentale ou le fond des océans, la biosphère, une petite frange à sa surface qui abrite tous les êtres vivants, et l’atmosphère, qui surplombe la biosphère, dont seule la partie la plus basse accueille temporairement quelques êtres vivants.

Or, depuis qu’ils existent, l’espèce Homo sapiens, l’ensemble des espèces du genre Homo, ainsi même quelques autres groupes d’Hominidés, ont contribué à modifier la biosphère, et, dans certains cas, leur activité a également impacté une partie de la géosphère. Pendant des centaines de milliers d’années, les hommes se sont nourris, logés, vêtus, guéris, déplacés, cultivés et distraits avec ce que la « nature » vivante leur offrait, notamment en raison des limitations techniques dans leurs interventions. Ils ont d’abord écrémé, si l’on peut dire, pour leur alimentation, leur habitat, leur défense, etc., la végétation, les animaux, les sols, les eaux, et même quelques roches et minerais accessibles à eux, pour toutes les activités humaines, sans beaucoup toucher au capital, c’est-à-dire à la nature morte géologique.

Contrairement à ce que certains idéologues, appartenant pour la plupart à la classe dominante, prétendent, ce n’est pas « l’homme », c’est-à-dire les humains en général, de manière indifférenciée, qui est responsable de la catastrophe en cours. Les humains au sens large ont vécu sur le globe pendant près de 3 millions d’années, et notre espèce Homo sapiens depuis au moins 300.000 ans, sans détruire significativement les ressources et les équilibres de la biosphère. Ils ont certes modifié leur environnement, mais ceci au même titre que beaucoup d’autres espèces vivantes. Le terme d’anthropocène désigne la période de l’histoire de la terre où l’impact de notre espèce sur la biosphère est devenu plus prégnant que celui de toutes ces dernières réunies. Cet impact s’est beaucoup aggravé avec l’émergence de techniques plus destructives liées développement du capitalisme, période de l’anthropocène parfois appelée capitalocène, et a encore plus que décuplé depuis la Deuxième Guerre mondiale avec la « pétrolisation » de nombreuses techniques, le développement de l’industrie nucléaire et de techniques de manipulation du vivant s’appuyant notamment sur les acides nucléiques, période du capitalocène qu’on peut appeler le nucléocène [1]. C’est à partir du développement exponentiel des techniques que le processus de destruction du milieu dans lequel nous vivons s’est accéléré. C’est le capitalisme, ce n’est pas l’humanité en tant que telle qui a considérablement dégradé la biosphère, et qui continuera de le faire tant qu’il n’aura pas été remplacé par un autre système politico-économico-social.

Le fait le plus saillant du nucléocène est l’augmentation vertigineuse de l’emploi du pétrole dans une infinité de domaines. Le pétrole, au même titre que le gaz, le charbon, la tourbe et autres produits « biogéologiques », résulte de la fossilisation d’organismes vivants au cours de la longue histoire de la biosphère. Tous ces matériaux ne seront pas renouvelables sur terre, et ne pourraient provenir d’autres planètes éventuellement accessibles aux humains. Le moins que l’on puisse dire, si l’on se cantonne à un point de vue les considérant comme des « ressources », c’est que le capitalisme ne les a pas gérées « en bon père de famille » et que, si le rythme actuel de leur surexploitation avait la possibilité de se poursuivre pendant des décennies, donc sans effondrement de notre civilisation, les « réserves » s’épuiseraient définitivement, interdisant l’emploi de ces produits qui pourraient s’avérer ultérieurement être irremplaçables pour certaines activités ou certains besoins. Mais ce n’est pas là le plus grave. Le capitalisme utilise le pétrole, non seulement après raffinage comme combustible (sous forme d’essence, gazole, kérosène, fioul, propane, etc.), avant tout pour la propulsion de véhicules et pour la production de chaleur, mais également pour la fabrication de divers autres produits industriels, notamment les plastiques, mais également des produits industriels comme l’asphalte, des engrais, des pesticides, des caoutchoucs synthétiques, des fibres, des encres, des lubrifiants, des détergents, des produits médicaux, pharmaceutiques et cosmétiques, etc., représentant « plus de 6 000 articles, produits et produits de première nécessité dont nous ne pourrions pas nous passer » [2]. Or, si la combustion du pétrole sous toutes ses formes contribue, au même titre que tous les autres combustibles carbonés, actuels ou fossiles, au rejet massif dans l’atmosphère de gaz à effets de serre, la plupart des produits industriels du pétrole finissent dans l’environnement aquatique, terrestre et aérien de la planète, où ils ne sont pas biodégradés ou le sont très lentement, contribuant massivement à sa pollution mortifère et écocidaire de la planète, les plastiques jouant le rôle le plus massif dans ce domaine.

Il y a longtemps que les observateurs du 19e et surtout du 20e siècle ont constaté que le système économico-politique dans lequel la plus grande partie de l’humanité vit depuis le 19e siècle, le capitalisme, a comme particularité fondamentale l’auto-exploitation des humains par d’autres humains pour produire ce qui les intéresse, et cette exploitation constitue le fondement de la lutte des classes. Toutefois, à cette époque, le mouvement ouvrier, qui était porteur de ces analyses et s’appuyait sur elles et sur la mobilisation exaspérée des travailleurs pour construire des organisations syndicales et politiques destinées à mettre à bas ce système, ne se préoccupait guère, avec de rares exceptions, de l’exploitation que la classe sociale parasitaire et prédatrice de la bourgeoisie faisait, non pas seulement des humains, mais de la nature, de l’ensemble de la biosphère, c’est-à-dire de tous les êtres vivants ou morts et de leurs productions, et même peut-être d’une partie de la géosphère, dans la mesure où elle exploite les roches, les minerais, les métaux et pierres « précieuses », jusqu’à de nos jours les « terres rares », qui ne constituent pas des « ressources renouvelables ».

Il est vrai que déjà Marx, s’appuyant sur les travaux du chimiste Justus von Liebig au 19e siècle, avait compris que la rupture des cycles naturels liés avant tout à l’urbanisation avait des conséquences désastreuses sur le fonctionnement des écosystèmes et de la société humaine, et qu’Engels avait souligné le rôle des civilisations méditerranéennes sur la désertification du Nord de l’Afrique, mais ces constatations des « premiers marxistes », sur lesquelles des exégètes contemporains ont attiré l’attention, sont restées ignorées pendant plus d’un siècle et n’ont joué aucun rôle historique réel, en raison de la fascination exercée dès la fin du 19e siècle par les progrès techniques comme la machine à vapeur ou l’électricité, et que l’URSS dès ses débuts a accueillis de manière non critique, ce qu’illustre la fameuse phrase de Lénine, « Le socialisme, c’est les soviets plus l’électricité », qui se concrétisa en réalité en moins d’un siècle comme « l’URSS, c’est le stalinisme plus la destruction massive de l’environnement », laquelle n’avait rien à envier à cette destruction dans les pays ouvertement capitalistes.

La surexploitation de la biosphère par notre civilisation inclut non seulement, à des degrés divers, de nombreux êtres vivants mais aussi celle des roches d’origine organique (sédimentation d’animaux et plantes mortes), comme les combustibles fossiles mais également les calcaires et d’autres roches, qui n’existent que parce qu’il existe une biosphère qui les a produits et ne sont pas « renouvelables ». Ce processus d’exploitation a été multiplié de manière exponentielle depuis la Deuxième Guerre mondiale, non seulement en raison des découvertes techniques, des avancées de la science appliquée et de la technique, mais aussi d’une désinhibition des décideurs des régimes capitalistes et de leurs entreprises, ainsi que des différents acteurs sociaux, y compris les partis politiques et les syndicats.

Cette désinhibition a commencé avec le projet Manhattan et les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, mais ensuite par des interventions tous azimuts, sans aucune pudeur et sans aucune limite pour modifier les paysages, les forêts, les terres arables, les retenues et cours d’eau, les côtes, les montagnes, etc. Actuellement, avec des projets de géo-ingénierie, qui pourraient aller jusqu’à introduire des éléments exogènes dans la stratosphère pour « renvoyer le rayonnement solaire vers l’espace », à modifier l’ADN ou son fonctionnement, à créer des organismes nouveaux qui ne pourront plus s’intégrer dans les cycles, et à confier de plus en plus son sort à une « Intelligence Artificielle » que les humains ne pourront bientôt plus comprendre ni contrôler, le capitalisme est rentré dans une phase décomplexée sans limites sinon celles des catastrophes qu’il aura entraînées. Ce qui est nouveau dans cette évolution, c’est que de plus en plus, dans cette société « libérale », des individus, des entreprises et des États se considèrent autorisés à effectuer des interventions ou mettre en place des technologies nouvelles sans en avoir évalué, sinon de manière manifestement incomplète, les conséquences pour les humains et les écosystèmes terrestres, au mépris de tout « principe de précaution » rigoureux, et quitte à devoir ensuite revenir en arrière pour tenter de réparer ce qu’ils ont détruit : par exemple, l’arrachage massif des haies bocagères, la déforestation ou le remplacement de forêts multispécifiques de feuillus par des forêts monospécifiques de résineux, l’emprisonnement des cours d’eau dans des berges bétonnées afin de pouvoir construire dans les anciennes zones inondables, l’amiante, les farines animales pour nourrir le bétail ou l’utilisation de certains produits chimiques, parfois à grande échelle (par exemple le chlordécone dans les bananeraies des Antilles, les perturbateurs endocriniens ou les PFAS).

Il y a plus. La civilisation capitaliste est extractiviste mais également pollutionniste, ces deux caractéristiques se complétant. Elle se caractérise non seulement par ses prélèvements extraordinairement excessifs sur la biosphère et la géosphère, entraînant des pertes irréversibles, mais également par le reversement des quantités énormes de déchets issus du traitement, de la digestion partielle si l’on peut dire, dont elle est responsable. Ces déchets ne sont plus assimilables par les cycles du monde vivant et s’accumulent sous forme de pollutions de diverses sortes, y compris la pire par sa dangerosité et sa rémanence, la pollution nucléaire.

On peut considérer de manière imagée l’humanité sous le joug du capitalisme comme une sangsue qui vide ce qui est dans les sols, les eaux, les airs, qui exploite et se nourrit des éléments biotiques et abiotiques qui constituent la biosphère et même une partie de ce qui est au-dessus et au-dessous de celle-ci, et qui rejette au sein de celle-ci les éléments inassimilables par elle, mais également par la biosphère dans son ensemble, qu’elle contribue donc à dégrader de manière définitive à l’échelle humaine.

Le terme de parasitisme est adéquat pour désigner fonctionnement de la société humaine actuelle. Qu’est-ce qu’un parasite ? C’est un organisme qui tire sa subsistance d’un autre organisme auquel il est fixé ou à l’intérieur duquel il se trouve. Toutefois, ce qui caractérise la plupart des parasites, c’est qu’ils s’arrangent pour ne pas détruire, pour ne pas tuer l’hôte qui leur fournit leur nourriture. À partir du moment où le parasite tue son hôte, il devient un prédateur, un destructeur pur. On trouve les deux sortes de parasitisme dans la nature. Beaucoup de parasites, externes ou internes, sont temporaires : ils prélèvent du sang, des nutriments sur l’organisme parasité, parfois jusqu’à l’affaiblir beaucoup, mais ensuite ils le quittent pour infester un autre hôte, permettant ainsi au premier de se reconstituer et éventuellement constituer de nouveau une source de nourriture. D’autres en revanche dévorent celui-ci intégralement et provoquent sa mort. Parfois, on passe d’une forme de parasitisme à l’autre. Par exemple, il y a des insectes qui pondent leurs œufs à l’intérieur d’un autre insecte, mais cet œuf, ils le pondent loin des centres vitaux. Le petit parasite, une fois sorti de l’œuf, va se nourrir d’organes de son hôte qui ne sont pas indispensables à sa survie, par exemple ses membres, et c’est seulement à la fin de son propre développement qu’il va manger le cœur ou le système nerveux central, les parties déterminantes permettant la vie. On passe alors d’une situation de parasitisme à une situation de prédation et de destruction de celui que l’on exploite.

Le parasitisme du capitalisme sur les ressources et sur la nature de la planète terre est de la la pire catégorie : il détruit mais ne permet pas de restaurer. Il est ainsi opposé au phénomène couvert par la formule « développement durable ». Néanmoins ce développement « durable », même s’il l’était entièrement, ne laisserait pas la biosphère intacte, notamment en raison de la taille de la population humaine mondiale, qui a explosé lors du dernier siècle. Il aura toujours un impact, et toute la question est de savoir limiter cet impact de manière que son acteur, c’est-à-dire la société humaine, puisse se perpétuer, ce qui exige de ne pas détruire la biosphère jusqu’à un point de non-retour. Ce n’est pas ce que fait notre civilisation en modifiant les conditions de vie dans tous les écosystèmes, en polluant et détruisant les sols, les eaux, les glaciers, en poussant des millions d’espèces vivantes à l’extinction, etc.

Le parasitisme auto-destructeur du capitalisme n’a aucune justification du point de vue des besoins des populations, mais est la condition sine qua non pour la perpétuation de ce qui est le moteur de la société dans laquelle nous vivons, à savoir la perpétuation de la plus-value, de la valeur ajoutée ; cet écrémage de la nature et des hommes permet à une toute petite frange de la population humaine de survivre dans ce monde-là, de prospérer, de se goinfrer en ayant comme devise la formule « après moi, le déluge ». Le problème avec le capitalisme c’est que non seulement c’est un parasite de toute la planète dans toutes ses dimensions, mais en même temps que c’est un véritable cochon, qui défèque dans la soupe. Avez-vous déjà élevé des poissons rouges ? S’ils sont dans un aquarium que vous ne nettoyez jamais et n’aérez pas à l’aide d’un bulleur, dans lequel il n’y a pas de petits mollusques ou poissons pour râper les déchets qui s’accumulent peu à peu sur les vitres et dans l’eau, les poissons rouges vont finir par mourir asphyxiés et empoisonnés par leurs propres déchets.

En fait, c’est ce qui nous pend au nez, puisque nous émettons nos déchets dans le propre milieu où nous vivons, d’où nous tirons notre eau, notre alimentation, dans l’air que nous respirons, etc. Or, la nécessité de nettoyer quand on a fait caca est un élément fondamental de la survie en tout milieu. Les vaches qui vivent dans des prés, du moins chez nous, nos vaches artificielles dans nos prés artificiels, et non plus dans les grandes steppes d’Amérique du Nord ou d’Europe du Nord d’où les bisons ont disparu depuis longtemps, éradiqués par les humains, font caca dans la soupe, puisqu’elles défèquent dans les prés où elles broutent. Or, ça ne les empoisonne pas. Pourquoi ? Parce que les insectes et autres coprophages, puis les vers de terre, vont manger cette bouse et la recycler, la faire repartir dans le cycle de la vie. Ainsi le système ne s’auto-empoisonne pas. Pourquoi ? Parce que c’est un système ouvert.

En revanche l’aquarium, c’est un système fermé. S’il n’est pas relié soit à une source permanente et une évacuation permanente d’eau, sans système ré-oxygénant l’eau dont l’oxygène a été épuisée par les poissons rouges, ce système fermé va finir par s’auto-empoisonner. La terre est un système fermé, et si nous considérons son ensemble, avec les humains et les autres êtres vivants, ils sont prisonniers au même titre que le poisson dans son aquarium. Ils sont dépendants du fait que dès qu’une partie de ses composants biotiques sont détruits par tous les êtres qui s’alimentent d’eux, ils restent dans le même milieu. Évidemment, cela ne se voit pas à l’échelle d’un champ ou même d’un pays entier, de l’ensemble de la planète, mais au niveau de l’ensemble de celle-ci c’est ce qui se passe. Nous sommes dans des écosystèmes certes ouverts, mais l’ensemble de ce système constitue un système fermé dont nous ne pouvons pas nous échapper. Nous n’allons aller ni sur Mars, ni sur d’autres planètes pour y vivre ou survivre, pour en extraire des métaux, des roches, des nutriments pour nos techniques car cela coûterait plus d’énergie d’y aller que celle que cela ne pourrait nous rapporter.

La « transition écologique »dont tout le monde parle aujourd’hui pourrait-elle « sauver notre mise » ? Et si oui quelle « transition écologique » ? Celle dont les gouvernements actuels prétendent s’occuper ? Celle des partis et organisations qui se présentent comme étant en sa faveur ? Il s’agit là d’une autre discussion, que j’ai déjà abordée et sur laquelle je reviendrai.

 

Alain Dubois

20 avril 2026

 

Notes

[1] Alain Dubois, 2025. « Il n’y aura pas de transition écologique. (2) Les dominos du collapse. » <https://lherbu.com/2025/12/il-n-y-aura-pas-de-transition-ecologique.2-les dominos.html>.

[2] La liste définitive de 365 produits fabriqués à partir de pétrole. <https://badassworkgear.com/list-of-products-made-from-oil-petroleum/>.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article