L'Herbu

Le blog d'Alain Dubois, Saturnin Pojarski et Augustin Lunier

Appel du 26 septembre pour un plan d'urgence climatique

Appel du 26 septembre pour un plan d'urgence climatique

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     Publié le 4 août par « Vert », lappel sous-titré « Marche ou grève » rédigé par lassociation « Bio Consomacteurs » pour une manifestation nationale décentralisée le 26 septembre 2026 pour exiger « un plan durgence, dadaptation et datténuation face au réchauffement climatique » compte aujourdhui plus de 4000 signatures. Une cinquantaine de mobilisations locales sont déjà en cours de préparation, avec lobjectif dune par préfecture et sous-préfecture. À ce jour (6 août) 2000 membres (le maximum possible) ont rejoint la communauté WhatsApp du 26 septembre et un nouveau lien vers une seconde communauté ouvre: https://chat.whatsapp.com/GFFrmoK2pa04BeJdhBFaUI. Il peut être partagé avec dautres personnes souhaitant rejoindre le mouvement ou créer de nouveaux groupes. Après mon texte introductif, je reproduis ci-dessous le lien pour cet appel, suivi par le message initial et par celui quils ont diffusé hier.

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Une initiative opportune

Savoir reconnaître le basculement

Cette initiative « citoyenne » est extrêmement bienvenue et opportune. Elle vient remplir un vide que toutes les organisations « de gauche » (démocratiques, progressistes, ouvrières), partis, syndicats, ONGs, associations, y compris groupuscules « radicaux » et « révolutionnaires », ne semblent pas avoir encore perçu : avec la combinaison des canicules répétées, des mégafeux et de l’entêtement de l’État dans sa politique au service des intérêts d’une minorité, symbolisé par la loi Duplomb 2 et l’absence de réponse adéquate aux agressions environnementales majeures récentes, l’exaspération a maintenant gagné un grand nombre de pans de la population. Il s’agit d’un changement qualitatif, et surtout qui a maintenant de grandes chances de devenir irréversible, dans la mesure où ces agressions ne vont maintenant aller qu’en se multipliant, se diversifiant et s’aggravant. Après des dizaines d’années où nous n’étions qu’une poignée, puis un nombre croissant mais encore restreint, à lancer des messages d’alerte que la propagande gouvernementale, médiatique et numérique parvenait à neutraliser en grande partie, nous sommes face à un début de basculement, auquel pour l’instant cet appel constitue la seule réponse à la hauteur. Même s’il demeure plus que jamais indispensable de continuer à communiquer sur les questions d’environnement, de biodiversité, de santé, d’agriculture, une nouvelle époque s’ouvre désormais : celle de l’action, et de l’action collective (pas encore massive, mais celle-ci pourrait arriver vite), démocratique et globale, c’est-à-dire dirigée contre l’État, ses institutions, et tous les intérêts privés que celui-ci soutient et protège, et qui sont responsables de la situation actuelle.

Les responsables « inconnus » (en tout cas du plus grand nombre) de cette action « citoyenne » ne sont manifestement pas nés de la dernière pluie : leur appel évite un bon nombre d’écueils habituels de telles démarches, comme la personnalisation de la direction, la hiérarchie gravée dans le marbre, la discipline centralisée, la méfiance pour l’initiative individuelle et les idées originales... La perspective mise en avant par les initiatrices et initiateurs de cette action reste délibérément « floue » dans ses détails, mais est pourtant très claire dans son objectif principal, qui est de combattre « les mensonges et les politiques menées contre le climat, contre le vivant, contre la biodiversité et contre les habitantes et habitants par la macronie, Les Républicains et le Rassemblement national ». C’est une orientation délibérément politique, se situant à l’échelle de l’État et du pouvoir, contrairement à celles de beaucoup d’« actions citoyennes » qui se restreignent délibérément à des objectifs locaux ou régionaux, souvent parés du titre d’« autogestion ».

L’appel s’adresse à « Monsieur le président de la République », mais c’est une figure de style. Il ne s’agit pas d’une « requête » respectueuse vis-à-vis du monarque garé à Versailles avec ses brioches et ses visiteurs de choix, puisque le texte ajoute immédiatement : « Nous ne venons pas vous demander de nous plaindre. Nous venons vous demander des comptes. Nous exigeons un plan d’urgence… ». Ce plan est formulé ainsi : « Un grand plan de reconstruction : un plan d’urgence, un plan d’adaptation, un plan d’atténuation face au dérèglement climatique. Sans attendre un été de plus. » Il n’est donc plus question de demander des promesses, des engagements, mais de préparer de pied ferme une action immédiate de la part du gouvernement. Cette demande ne s’appuie pas seulement sur des signatures (comme pour la loi Duplomb), sur lesquelles comme on l’a vu il est facile de s’asseoir. Elle appelle à une mobilisation pour une marche populaire « partout en France, dans les métropoles et dans les bourgs de mille habitant‧es, dans les centres-villes et dans les quartiers » ‒ mais cette marche n’est pas présentée comme le but unique de cette action, comme l’indique le sous-titre de l’appel initial : « Marche ou grève ». Pour qui sait lire, cela signifie que la démarche engagée dès maintenant pour préparer le 26 septembre est susceptible de mener, si elle n’aboutit à aucun résultat à la hauteur des attentes, à l’organisation de grèves, ou mieux d’une Grève Générale. Le type d’organisation proposé pour cette mobilisation, partant du « bas » (des comités locaux) et remontant progressivement vers le « haut », qui tranche avec les pratiques politiques habituelles, est particulièrement bien choisi.

 

Quels objectifs ?

Que signifient les quatre « plans » mentionnés dans l’objectif annoncé pour la marche : reconstruction, urgence, adaptation et atténuation ?

Le terme de reconstruction est très clair : il s’agit de s’engager pour mettre fin à la dernière période historique, période de destruction de la société humaine, et plus largement de la biosphère dont cette société fait partie. Sans que le texte le précise, cette destruction a été quasi-intégralement le résultat de l’activité « humaine » : or les humains ont été actifs sur cette planète depuis des centaines de milliers d’années sans avoir causé de tels désastres, donc c’est la société humaine actuelle qui est en cause, pas la simple existence des humains ou le mythe de la « nature humaine » qui seraient destructeurs. Cette constatation implique que, pour arrêter cette destruction et s’engager dans une reconstruction, c’est le mode même de fonctionnement de cette société qu’il faudra modifier, et il ne pourra s’agir de changements à la marge.

La notion d’urgence est elle aussi très claire : cela signifie que nous ne pouvons plus attendre, car c’est chaque année, chaque semaine, chaque jour, que des agriculteurs, éleveurs, pêcheurs font faillite ou se suicident, que des milliers de personnes de tous âges sont touchées par des maladies et épidémies causées par la pollution, la malbouffe, les nouveaux pathogènes, les canicules, incendies, inondations et autres « catastrophes naturelles » de moins en moins naturelles (comme hier soir une coulée de boue en Haute-Savoie), que la disponibilité, la qualité et le coût des services publics (santé, éducation, transports, justice) et des communs (eaux, sols, forêts, faune et flore) se dégradent, tandis que les profits des industriels, banquiers, actionnaires et de leurs chiens de garde s’envolent. Les promesses non tenues du passé se sont accumulées au point de saper toute confiance qui pourrait être accordée à toutes celles et tous ceux qui envisagent de nous en faire encore, notamment à l’occasion des prochaines élections à la présidence bonapartiste de la Ve République – « République » réactionnaire dont il est devenu plus qu’urgent de sortir. Si j’ai bien compris le texte de Vert, la marche du 26 septembre exigera des décisions immédiates, sans attendre ces élections « pestilencielles ». Quant à celles-ci, le mieux qui pourrait nous arriver serait qu’elles doivent être annulées en raison de la nécessité de convoquer des élections législatives anticipées pour mettre fin à la crise sociale et politique que le basculement évoqué ici pourrait déclencher.

La notion d’adaptation, elle aussi, semble claire. Elle demande d’agir dès maintenant pour modifier les facteurs les plus importants de souffrance des populations face au dérèglement climatique et à l’effondrement de la biodiversité, avant même de s’attaquer aux causes de ces nuisances. Cette approche peut être entièrement contre-productive, comme dans l’exemple très démonstratif de la multiplication des « climatiseurs » domestiques, qui certes diminuent la température interne de certains logements mais augmentent celle de l’agglomération où ceux-ci se trouvent. D’autres modes d’adaptation sont plus justifiés. C’est le cas, lors de conditions météorologiques extrêmes ou de catastrophes environnementales, d’interventions rapides, avec des personnels et des équipements appropriés (par exemple des pompiers professionnels et des flottes aériennes suffisants pour lutter contre les mégafeux), selon des plans d’action bien conçus et financés, ainsi que d’hébergements, alimentation, habillement et soins pour toutes les victimes, d’espaces collectifs climatisés en accès libre, etc. À moyen terme, il peut s’agir de végétalisation des villes, d’isolation des logements et lieux de vie et d’activité, de transports publics, de prix accessibles pour les véhicules et les carburants, de suppression des péages autoroutiers, et d’une modification profonde des modes de gestion de l’eau, des sols, des forêts, des cultures. Toutefois l’adaptation ne peut constituer une « solution » à long et même à moyen terme aux problèmes considérables auxquels notre population, et l’humanité dans son ensemble, sont et surtout vont être confrontés : si l’on n’agit pas sur les causes profondes de ces agressions, qui sont liées avant tout à la nature des techniques utilisées depuis un bon demi-siècle dans l’ensemble de la planète dans le cadre d’un système économico-politique précis, le capitalisme, ces agressions iront en empirant et se multipliant, jusqu’à mener à un point de non-retour, parfois désigné du terme anglais de « collapse » (effondrement).

C’est ici qu’intervient le quatrième terme de la déclaration de Vert : l’atténuation. J’avoue avoir plus de mal à le comprendre que les précédents. Le texte le définit comme suit : « La fin de toutes les subventions aux énergies fossiles. L’interdiction pour toute entreprise française d’ouvrir de nouveaux projets fossiles, ici comme ailleurs. » [1]. Certes, certes… Mais un tel programme ressemble plus à un maintien du statu quo qu’à un ambitieux programme de « reconstruction ». Face à un malheur, une douleur, une violence, la perspective de « l’atténuer » est insuffisante, il faut y mettre fin, avant si possible d’en réparer les dégâts. Il est douteux que l’arrêt des subventions puisse être de nature à réduire l’extraction des énergies fossiles et leur emploi dans tous les domaines d’activité humaine. Et quid de la dépendance aux intrants agricoles, de la déforestation, de la destruction des zones humides, de l’envahissement de l’ensemble des terres, mers et même airs par des multitudes de polluants chimiques et biologiques de toutes natures, origines et aux conséquences multiples, dans notre alimentation, nos objets usuels, etc. L’objectif doit-il être d’« atténuer » les effets délétères de toutes ces interactions de nos techniques avec nos conditions de vie, d’activité et d’habitabilité, ou de les faire cesser ?

 

Quatre types de réponses

Il existe quatre modes principaux de réponses possibles à la crise actuelle de la biosphère.

La première est la fuite, qui est la seule actuellement envisageable pour certaines populations, ce qui constitue une cause majeure des « migrations » de plus en plus nombreuses dans diverses régions de la planète, auxquelles les réponses policières ou militaires n’apportent aucune solution pour personne mais constituent une honte indélébile pour les gouvernements qui les mettent en œuvre.

La deuxième consiste en la fameuse adaptation, parfois appelée « résilience », aux nouvelles conditions auxquelles l’humanité est soumise, sans agir sur leurs causes mais seulement sur leurs conséquences, seule solution soutenue par tous les pouvoirs actuellement en place. Comme nous l’avons vu, ce peut être une réponse à l’urgence, mais pas une solution à long ou même moyen terme ‒ au contraire en fait, car elle peut « endormir la vigilance » face aux attaques plus fondamentales contre l’environnement.

La troisième approche, souvent appelée « transition », ou « bifurcation » écologique, est la réforme de la société actuelle qui consiste à remplacer les techniques en vigueur (par exemple la voiture à essence) par des techniques alternatives (par exemple la voiture électrique) tout en maintenant les modes de vie et de relation de notre société avec l’environnement et le vivant, la « croissance », confondue avec le « progrès », restant la seule boussole. Les mesures préconisées par les partisans de la transition écologique consistent à agir séparément sur les différentes causes de la crise environnementale actuelle, comme si elles étaient indépendantes: émissions de gaz à effet de serre, intrants agricoles, monocultures, déforestation et assèchement des zones humides, mégabassines, suppression du bocage, pollutions de tous ordres, nouvelles autoroutes, etc. Mais la crise actuelle ne se réduit pas à une addition de crises isolées. Cette crise est systémique, ce qui signifie que ces différents problèmes sont des symptômes qui expriment une cause ultime unique, le système économico-politique du capitalisme universellement en vigueur aujourd’hui. Agir sur chaque cause prise à part est insuffisant et voué à l’échec. Seule la lutte contre ce système dans son ensemble serait susceptible de mettre fin aux nuisances résultant de l’ensemble de ces causes.

C’est ce qu’envisage la quatrième approche, qui met en avant des mots d’ordre comme l’expropriation et la collectivisation de l’industrie automobile et de l’industrie pétrolière mondiales, la réduction drastique du trafic aérien aux seuls vols indispensables (à l’exclusion de l’agrément et du tourisme), l’interdiction de transports d’animaux et de nourriture sur de longues distances, la fin de la « société de consommation » avec sa malbouffe et ses pathologies associées, la fin de la « société du spectacle » avec ses « grand-messes » sportives et musicales, etc. Il s’agit alors d’une perspective de changement de paradigme concernant la « croissance » et plus généralement les relations entre l’humanité et la biosphère, ce qui exige de résoudre la question du pouvoir dans notre société.

La question principale qui se posera alors à tout mouvement massif pour « changer la société », sera alors : faut-il procéder progressivement, en commençant par l’adaptation, puis en tentant la « transition », pour constater alors que celle-ci ne change rien au fonctionnement de base de la société (consommation excessive de ressources, extractivisme, relations de domination vis-à-vis de la nature comme entre êtres humains) et alors passer à la troisième solution – ou viser d’emblée une transformation drastique de la société en se donnant comme objectif immédiat la prise du pouvoir, la transformation de l’État et des rapports entre les classes sociales ?

Beaucoup de gens pensent que la solution « progressiste » est la meilleure, sinon la seule possible, car elle serait plus « pédagogique ». L’idée dominante à cet égard est que l’annonce de « catastrophes » aurait toujours un effet paralysant sur les humains. Ce point de vue schématique, qui attribue à la « pédagogie » des vertus que l’histoire n’a jamais confirmée, n’est pas partagé par tous [2], et surtout il est maintenant un peu tard, au bord du précipice, pour continuer à le privilégier, et à soutenir l’illusion que ces fragiles êtres que sont les humains doivent être protégés par des fables optimistes plutôt qu’éveillés à temps par des informations « effrayantes ». À cet égard, l’année 2026 en France a désormais joué un rôle déterminant et peut-être irréversible : c’est cette prise de conscience qui rend particulièrement opportun l’initiative des auteurs de cet appel, qui aurait été encore prématuré il y a encore quelques années.

J’ajouterai pour finir deux réflexions à ce qui précède.

 

Prise du pouvoir, démocratie, informations scientifiques

Contrairement à ce que certains imaginent, la solution face au désastre écologique ne peut résider en « une dictature d’experts qui puisse légiférer et décider selon leurs règles fondées, selon eux, sur la neutralité scientifique » [3]. Tout d’abord parce que cette « neutralité » n’est pas absolue et que de tels experts « omniscients » n’existent pas. Depuis quelques décennies la « liberté académique » a considérablement régressé, pas seulement aux USA de Trump, mais aussi en Europe, et les choix des sujets sur lesquels les chercheurs font porter leurs travaux leur sont imposés par les organismes qui les emploient, et sont largement inféodés aux priorités économiques du capitalisme : bon nombre de questions ne sont tout simplement pas étudiées. Néanmoins, sans être absolument neutres, les connaissances scientifiques ne reposent pas sur les opinions des membres de la communauté des chercheurs, mais sur une méthodologie partagée par l’ensemble de ceux-ci, qui comporte de perpétuelles vérifications et contre-vérifications, s’appuyant avant tout (quoique pas uniquement) sur le concept poppérien de réfutabilité : la science ne dit jamais qu’une affirmation est « vraie » mais que, jusqu’à preuve du contraire, elle n’a pas (encore) été démontrée fausse. Le corpus des connaissances scientifiques (incluant leurs aspects et conséquences technologiques) est constitué de connaissances partagées, produites par une véritable « internationale » et soumises en permanence à la critique et la correction par les pairs, ce qui fait du corpus de ces connaissances le socle le plus solide, et de loin, de toutes les connaissances partagées par l’humanité. C’est ainsi que les rapports produits par les grands organismes internationaux comme le GIEC et l’IPBES, fondés sur l’analyse comparative et critique de milliers d’articles scientifiques eux-mêmes déjà soumis avant publication au crible de l’évaluation par les pairs, constituent une base incomparable pour évaluer l’état du climat, de la biodiversité et de l’ensemble de la biosphère, et prévoir les grandes lignes de leur évolution dans les décennies à venir. Leur opposer à cet égard les opinions de personnes étrangères à cette communauté et à ses règles de fonctionnement établies collectivement par des décennies de travail est une insulte à l’humanité et ne peut s’expliquer que par l’inféodation de ces personnes à des intérêts particuliers, souvent opposés à l’intérêt collectif. Ceci vaut également pour la fétichisation, de mise actuellement dans certains milieux écolos, pour les « savoirs traditionnels », notamment ceux de quelques groupes sociaux subsistant dans des régions tropicales : tout comme les autres, ces savoirs doivent faire l’objet d’une évaluation scientifique.

Ceci étant, ces précieuses connaissances scientifiques ne procurent pas par elles-mêmes de guide objectif suffisant pour l’action. Celle-ci repose sur des évaluations éthiques et politiques qui doivent relever de la décision collective et démocratique impliquant les populations concernées, et pas seulement une soi-disant « élite » auto-désignée comme celle qui dirige actuellement le monde. Toutefois, le terme de « démocratique » dans cette affirmation mérite d’être examiné de près. Tout d’abord, quelle doit être la communauté amenée à prendre des décisions dans ce domaine ? Faut-il estimer que, comme le formule par exemple Bruno Latour [4], face au « péril écologique », tous les citoyens sont logés à la même enseigne et constituent tous ensemble une nouvelle « classe écologique » dont les membres ont les mêmes besoins et intérêts ? Ou au contraire que la société est encore, et même plus que jamais, divisée en classes antagonistes aux intérêts différents, que la grande majorité de la population subit les agressions écologiques causées par la minorité qui détient le pouvoir, et devrait s’organiser pour le leur retirer et gérer la société ? Ceux qui sont susceptibles de changer les choses sont ceux qui n’ont rien à perdre à la disparition du système économico-politique actuel, c’est-à-dire les travailleurs et travailleuses, les chômeurs et chômeuses, les jeunes.

C’est justement cette majorité qui, du fait de sa place dans les rapports sociaux et par son travail, ses compétences, son implication, permet à notre société d’exister comme société, de fonctionner, de nourrir la population, de l’éduquer, la soigner, la protéger, la loger, lui fournir les produits, objets, appareils et outils nécessaires. Et c’est à ce titre que, lors de toute l’histoire du mouvement ouvrier, celui-ci a pu mener les combats pour la reconnaissance puis le progrès des droits humains, l’instauration d’un État de Droit fondé sur la séparation des pouvoirs, etc. Dans tous ces domaines, les travailleurs se sont appuyés sur leur expérience et leur connaissance du fonctionnement des rapports sociaux pour mener les combats et imposer leurs revendications – jusqu’à un certain point seulement, puisqu’ils n’ont pas réussi, malgré des combats séculaires, à établir un État « ouvrier » durable, tous les essais dans ce domaine ayant été balayés plus ou moins vite par des contre-révolutions qui ont pris des formes diverses, dont la moindre ne fut pas celle du stalinisme, qui a laissé des traces encore bien vivantes dans la société actuelle.

Bien qu’elle date en réalité de plus d’un siècle, la « question écologique », restée souterraine pendant longtemps, finit aujourd’hui par émerger au grand jour. C’est à sa résolution que ceux qui se mobilisent et vont se mobiliser de plus en plus vont devoir se consacrer. Pour ce faire, l’expérience, positive et négative, des combats menés contre l’exploitation capitaliste, jouera certainement un rôle important. Notamment, le fait que les décisions devront se prendre de manière démocratique, et ne pas être imposées d’en haut, est une certitude. Mais cette expérience suffira-t-elle pour prendre les bonnes décisions ? Lorsqu’il s’agissait de questions liées au travail, au fonctionnement de la société, les travailleurs bénéficiaient d’une connaissance de première main, susceptibles de guider leurs décisions. Mais il n’en va de même concernant des questions scientifiques, concernant le fonctionnement de notre biosphère, dont la complexité est restée longtemps incomprise y compris de la communauté scientifique, du fait des interactions multiples qui le régissent. Ce que les progrès de nos connaissances dans ce domaine ont mis en évidence est, dans la majorité des situations et pour la majorité des problèmes, souvent bien éloigné de la conception qu’en avait la communauté scientifique il y a encore moins de 50 ans et, pour certains domaines, encore il y a 10 ans ou hier ! Prendre des décisions adéquates face à une telle complexité ne peut se faire sur la foi du bon sens [5] ou par la méthode du « doigt mouillé ». À cet égard, imaginer que, du fait de leur place dans les rapports sociaux les travailleurs seront amenés « par magie » à prendre les bonnes décisions relève d’un mode de pensée qui s’appelle l’ouvriérisme, qui ne rend pas service à leur cause et à celle du progrès.

Dans ce domaine, la démocratie qui ne s’appuie pas sur des connaissances n’est en aucune manière une garantie de bonnes décisions. La situation issue de la période actuelle de l’histoire de l’humanité, l’anthropocène tardif, qui date de la deuxième guerre mondiale, est nouvelle : sa solution ne reposera pas simplement sur le mot « démocratie » répété comme un mantra, mais sur l’équation « information + démocratie » ou l’inverse. Et ce sera à ceux qui souhaitent aboutir à cette solution de faire ce qu’il faut pour rendre cette équation fonctionnelle, ce qui exigera de dépasser le stade des opinions sur les questions écologiques pour faire la jonction avec ces connaissances scientifiques, parfois complexes, contre-intuitives ou même choquantes. La démarche commencée avec l’appel pour le 26 septembre est déjà en train de préparer et va aboutir à la création de nombreux « comités » locaux, qui espérons-le vont se fédérer du bas vers le haut, aux niveaux départementaux, régionaux et national. Leur fonction devrait être non seulement de débattre librement des orientations qu’ils souhaiteront développer dans cette campagne, mais également, et cela me paraît crucial, de réunir, diffuser et discuter les informations scientifiques disponibles sur la crise écologique, qui vont bien au-delà des grandes idées répétées sur tous les tons par tous les médias et commentateurs. Ceci exigera de faire l’effort de les comprendre et assimiler, et si possible d’impliquer des scientifiques dans leur diffusion. Je reviendrai sur cette question cruciale dans un prochain billet.

 

Adaptation, transition ou rupture ?

Pour revenir sur la question des principales orientations possibles pour la lutte pour changer les choses, il me semble qu’il est important de bien comprendre que maintenant les choses s’accélèrent et vont s’accélérer de plus en plus, et que nous n’aurons pas beaucoup de temps pour des « expérimentations », c’est-à-dire pour tenter des « transitions écologiques » respectant le cadre du capitalisme avant de constater, déçus, qu’elles ne changent rien au fond du problème. Ceci d’autant plus que chacune de ces éventuelles « étapes » sera susceptible d’être utilisée par le pouvoir en place et ses alliés technophiles pour diviser nos rangs, en jouant sur la crainte du changement et les menaces de chaos, pour tenter d’arrêter le processus en cours. Il ne faut pas rêver et il ne faut pas sous-estimer l’ennemi que le capitalisme représente pour l’humanité. Acculé, le système actuel pourra s’accommoder du passage de la voiture à essence à la voiture électrique et de divers autres changements, et même en partie de la réduction ou l’arrêt de l’exploitation des énergies fossiles, tant que subsistera le système économico-politique que basé sur la Bourse, les polices, les armées et aujourd’hui les réseaux numériques. Avec l’IA en cours d’instauration comme système mondial de contrôle des sociétés, il a devant lui encore de beaux jours et un boulevard de plus-values sans précédents. Mais il ne tolérera pas le passage de l’économie de la croissance au service de la plus-value à une économie de la décroissance au service des populations, qui est pourtant la seule solution pour l’humanité, et ceci peut-être non pas à moyen, mais bien à court terme. Perdre du temps à tenter des solutions bâtardes comme la « transition écologique » est lui donner la possibilité de s’organiser pour déclencher les guerres effroyables qui lui permettraient de bloquer le processus mettant fin à sa domination. Commencer dès aujourd’hui à préparer la prise du pouvoir et la destruction de ce système me paraît la première urgence.

 

Alain Dubois

6 août 2026

 

[1] Cette citation se poursuit par une phrase ambigüe qui est susceptible de ne pas faire l’unanimité parmi les partisans de l’appel : « Une sortie du fossile qui soit aussi une sortie des guerres qu’il finance. » Serait-ce que toutes les guerres actuellement en cours sur la planète seraient de la même nature ? Les guerres d’agression impérialiste ou colonialiste et la résistance des peuples à ces agressions ? Le sujet de la guerre n’est pas central dans cet appel et devrait y être évité pour ne pas ouvrir des polémiques nuisibles au projet qui, lui, devrait faire l’unanimité.

[2] Voir notamment Lucas Verhelst (dir.), Manuel d’un monde en transition(s), L’Aube, 2025.

[3] Voir Luis martinez Andrade, « Sciences, pouvoir et savoirs émancipateurs », 24 juillet 2026, <https://www.contretemps.eu/sciences-pouvoir-et-savoirs-emancipateurs/>.

[4] Bruno Latour et Nikolaj Schultz, Mémo sur la nouvelle classe écologique, Les Empêcheurs de penser en rond, 2022.

[5] Le bon sens est souvent mauvais conseiller lorsqu’il s’agit de comprendre le fonctionnement du monde, comme le soulignait Bertrand Russell en 1953 : « Nul ne veut rectifier le langage du bon sens, et cesser de parler du soleil qui se lève et se couche. Mais les astronomes préfèrent employer un langage différent, et je leur donne raison. J’en conclue que le bon sens ne connaît pas le sens des mots, et j’aimerais croire que cela devrait le laisser silencieux. »

 

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https://vert.eco/rapports-de-force/le-samedi-26-septembre-partout-en-france-nous-serons-dans-la-rue-plus-de-800-citoyens-lancent-un-appel-pour-un-plan-durgence-climatique/?fbclid=Iwb21leATdDlJjbGNrBN0MQ2V4dG4DYWVtAjExAHNydGMGYXBwX2lkDDM1MDY4NTUzMTcyOAABHsL3A6v9REyEVEhxkEy68hJejlO6a6h8d7WcnO8Lni7PBMPXNWAX4UZdFBpB_aem_wVg71QLoXjI6XF-XVVqGyw

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Le texte de lappel initial
« Le samedi 26 septembre, partout en France, nous serons dans la rue » : près de 1000 citoyens lancent un appel pour un plan d’urgence climatique
Marche ou grève. À l’initiative de l’association Bio Consom’acteurs, près de 1000 personnes ont signé une lettre ouverte au président de la République, Emmanuel Macron, pour exiger un plan d'urgence, d'adaptation et d'atténuation face au réchauffement climatique. Dans ce texte que Vert publie en exclusivité, elles et ils appellent à une mobilisation nationale le 26 septembre.
 

Monsieur le président de la République,

Le 31 décembre 2022, vous demandiez dans vos vœux : « Qui aurait pu prédire la crise climatique aux effets spectaculaires ? ». La Gironde avait brûlé quatre mois plus tôt. Elle vient de brûler encore, plus fort qu’à aucun moment depuis cinquante ans, et la fumée est montée jusqu’aux villages du Cher.

Qui aurait pu prédire que 5 764 personnes mourraient de la canicule en quinze jours, sans que rien ne s’arrête ?

Qui aurait pu prédire que celles et ceux qui mourraient d’abord seraient les habitantes et les habitants des quartiers populaires, les familles précaires dans des logements sans isolation, les personnes âgées ou en situation de handicap restées seules, celles et ceux qui travaillent dehors et celles et ceux qui dorment dans la rue ?

Qui aurait pu prédire que les paysannes et les paysans perdraient entre 15 % et un tiers de leurs récoltes selon les productions ?

Qui aurait pu prédire que des millions d’animaux d’élevage mourraient de chaud en quelques jours, les poules d’abord, entassées sous des toits de tôle, et qu’il faudrait rouvrir les fosses d’enfouissement de 2003 ?

Qui aurait pu prédire que d’innombrables mammifères, oiseaux et insectes brûleraient vifs dans les incendies, sans qu’aucun décompte ne soit seulement tenté ?

Qui aurait pu prédire que les coupes dans les services publics laisseraient les enfants dans des écoles surchauffées, les pompiers sans moyens et les hôpitaux à découvert au moment précis où nous en avions le plus besoin ?

Qui aurait pu prédire que TotalEnergies encaisserait 5,4 milliards de dollars en un seul trimestre, 102 % de plus qu’il y a un an, sur la flambée du baril provoquée par les guerres pour l’accès aux ressources énergétiques et minières ?

Personne ne pouvait l’ignorer, parce que tout était écrit :

Les compagnies pétrolières, elles, savaient dès 1971. Elles ont préféré payer pour qu’on en doute. Le Giec avait prédit, depuis 1990. À de nombreuses reprises, par voie de presse, de pétition et même de manifestations, des milliers de scientifiques du monde entier ont tenté d’alerter les dirigeant·es politiques. Ils et elles ont été ignoré·es.

Depuis que vous avez été élu, nous nous sommes mobilisé·es par centaines de milliers dans les grèves, marches et pétitions pour le climat. Nous nous sommes mobilisé·es sur les ronds-points, quand la question du prix du carburant a rendu évident que la fin du mois et la fin du monde sont le même combat et que la nécessaire bifurcation écologique ne peut se faire au détriment des travailleurs et travailleuses pauvres de notre pays.

Nous nous sommes mobilisé·es aux côtés des exilé·es et déplacé·es notamment à cause des dérèglements climatiques, des guerres économiques et militaires menées dans leur pays d’origine.

Nous nous sommes mobilisé·es contre les mégabassines, pour que l’eau reste un commun et non le privilège de quelques exploitations.

Nous nous sommes mobilisé·es à deux millions de signatures contre le retour d’un insecticide interdit, parce que les sols, les rivières et celles et ceux qui les travaillent ne sont pas une variable d’ajustement.

Vous ne nous avez pas écouté·es. Vous nous avez traité·es d’exagéré·es, puis de radicaux, puis d’écoterroristes. Pendant ce temps, vous avez ramené le Fonds vert de 2,5 milliards d’euros à 837 millions, quand il permet aux communes de se protéger. Vous avez ajouté 6,7 milliards au seul budget des armées en une année. Et toute notre sécurité civile tient sous le milliard, avec douze avions bombardiers d’eau.

Nous ne venons pas vous demander de nous plaindre. Nous venons vous demander des comptes. Nous exigeons un plan d’urgence, parce que l’été prochain sera plus chaud que celui-ci. Des lieux frais accessibles dans chaque bassin de vie, en commençant par les quartiers populaires et les communes rurales.

Des écoles, des crèches, des hôpitaux et des Ehpad où l’on ne meurt pas de chaud. La protection des travailleuses et des travailleurs de la chaleur inscrite dans la loi. Un toit pour chacune et chacun, parce qu’on ne s’adapte pas au climat quand on dort dehors. Des moyens humains et matériels réels pour les secours. Un fonds pour les paysannes et paysans sinistré·es, et le sauvetage de la faune inscrit dans les plans de catastrophe.

Nous exigeons un plan d’adaptation, parce qu’aucune commune ne doit rester seule devant le feu et la soif. Le Fonds vert rétabli et l’ingénierie publique rendue aux territoires. La rénovation des logements engagée des passoires thermiques et du parc social, pour que l’isolation cesse d’être un privilège. Des forêts renouvelées, des sols restaurés, des haies replantées, des rivières et des nappes traitées comme des communs et non comme des stocks à privatiser.

Nous exigeons un plan d’atténuation, parce qu’on ne s’adapte pas indéfiniment à une catastrophe qu’on continue d’alimenter. La fin de toutes les subventions aux énergies fossiles. L’interdiction pour toute entreprise française d’ouvrir de nouveaux projets fossiles, ici comme ailleurs. Des transports publics accessibles partout avant toute taxe qui pèserait sur les plus modestes. Une sortie du fossile qui soit aussi une sortie des guerres qu’il finance.

Pour payer ces trois plans, nous exigeons que contribuent celles et ceux qui ont fabriqué la catastrophe et qui en tirent profit. Les superprofits des énergies fossiles, taxés dès la loi de finances 2027. Les superprofits de l’armement, dont les carnets de commandes n’ont jamais été aussi pleins. Un impôt climatique sur les patrimoines des plus riches, qui rapporterait entre quinze et vingt-cinq milliards d’euros par an. Trois Françaises et Français sur quatre veulent déjà que les entreprises fossiles paient davantage. Nous ne demandons rien d’autre que ce que ce pays réclame.

Le samedi 26 septembre 2026, partout en France, dans les métropoles et dans les bourgs de mille habitant·es, dans les centres-villes et dans les quartiers, nous serons dans la rue.

Marchons pour le climat, pour la paix, pour les solidarités.

Marchons pour la justice écologique et pour la justice sociale.

Marchons pour les vivantes et les vivants, humains et non-humains.

Marchons pour qu’on suive enfin les scientifiques, et qu’un plan d’urgence, d’adaptation et d’atténuation soit engagé sans attendre un été de plus.

 

__________
 
Le message du 4 août des organisateurs de l'appel.
 
Il y a une communauté WhatsApp pour se préparer partout en France:
 
 
☕ Envie de débattre ? Le *groupe Café* est là pour ça.
🧰 Une question sur l'organisation en général ? Le *groupe Organisation*.
📩 Une question à une personne précise ? Écrivez-lui en privé.
🙏🏻 Évitons d'inonder tout le monde de messages et de débats sans fin.
🕰️ Historique des messages : n'importe quel membre peut, en ajoutant quelqu'un au groupe, lui donner accès à l'historique.
 
💚 *NOTRE RÈGLE D'OR*
Bienveillance et respect de la parole de l'autre, pas de procès d'intention non plus. Nous sommes des gens très différents et différentes à avoir signé cet appel, nous serons des gens très différents et différentes à nous mobiliser. Respectons-nous, soutenons-nous, allions-nous pour arracher ce plan de reconstruction.
 
📅 *UN AUTOMNE DE MOBILISATION*
Nos rendez-vous ne sont pas en concurrence, ils sont complémentaires :
🚨 *19 sept.* Contre le permis de tuer, partout en France, contre la présomption de légitime défense.
🌍 *26 sept.* Pour le climat, la paix et les solidarités.
🌾 *3 oct.* Convergence à Saint-Pierre-la-Garenne, devant le site de Syngenta, contre les pesticides et pour les vivant·es.
 
🌱 À l'initiative : quelques membres de Bio Consom'Acteurs et quelques-un·es de leurs ami·es, qui ont proposé une tribune signable par toutes celles et ceux qui le souhaitent.
 
👉 Signez, partagez, organisez : https://26septembre.org »
 
Leur dernière publication générale :
 
« 🌍✊ *SAMEDI 26 SEPTEMBRE, MARCHONS PARTOUT EN FRANCE*
_Pour le climat, la paix et les solidarités_
 
📍 *POURQUOI PARTOUT ?*
Pour que toute personne qui se sent concernée par l'urgence climatique puisse marcher au plus près de chez elle. Multiplier les lieux, c'est créer des dynamiques locales, permettre à la presse locale d'en parler partout, et raconter ensemble l'histoire d'un pays qui se lève et qui exige des comptes.
🎯 Objectif : *a minima une marche par préfecture et par sous-préfecture*. Et s'il y en a davantage, tant mieux !
 
🔥 *CE QUE NOUS EXIGEONS*
Un grand plan de reconstruction : un plan d'urgence, un plan d'adaptation, un plan d'atténuation face au dérèglement climatique. Sans attendre un été de plus.
 
✍️ *L'APPEL*
Lancé par des centaines de personnes, signé par près d'un millier dans la tribune parue dans Vert. Nous sommes aujourd'hui *plus de 3 000 signataires*, et ça continue.
👉 Signer et faire signer : https://26septembre.org
🏛️ Les organisations aussi peuvent signer et soutenir : nationales, régionales, départementales, locales, dès lors qu'elles partagent les objectifs de l'appel.
 
🤝 *QUI EST BIENVENU·E ? TOUT LE MONDE*
Membres d'associations, de syndicats, de collectifs, de mouvements politiques, ou de rien du tout. Venez comme vous êtes, avec vos pancartes et votre matériel.
➡️ Notre mobilisation n'est *pas apolitique* : nous nous occupons des choses de la cité.
➡️ Elle n'est *pas antipartisane* : s'engager dans une asso, un syndicat, un collectif ou un parti n'a rien de honteux.
➡️ Elle est *apartisane* : elle n'invite à soutenir aucune organisation en particulier.
Personne n'impose son étiquette à toutes et tous, et personne n'interdit à quiconque la sienne.
⚠️ Mais soyons clairs sur le fond : nous combattons les mensonges et les politiques menées contre le climat, contre le vivant, contre la biodiversité et contre les habitantes et habitants par la macronie, Les Républicains et le Rassemblement national.
 
⏱️ *NE PAS ATTENDRE*
N'attendons pas qu'une organisation organise à notre place. *Si ce n'est pas nous qui, si ce n'est pas maintenant quand ?*
Beaucoup d'entre nous ne sont pas des habitué·es de la mobilisation, et c'est très bien. Celles et ceux qui ont de l'expérience sont là pour aider. Mais chacun·e se demande dès maintenant : comment je m'organise pour que ça ait lieu chez moi ?
 
🛠️ *COMMENT ON S'ORGANISE, ÉTAPE PAR ÉTAPE*
1️⃣ Dites d'où vous êtes. Dès que vous êtes quelques-un·es d'un même coin, créez un groupe local.
2️⃣ Les communautés WhatsApp ne permettent pas un nombre illimité de sous-groupes : créez donc votre groupe local *en dehors* de cette communauté (WhatsApp, Telegram, Signal, ce que vous voulez).
3️⃣ Postez le lien de votre groupe dans votre *groupe régional*, pour que les gens de votre région vous rejoignent.
4️⃣ Le plus urgent : *fixer un lieu et un horaire*. Rien ne démarre avant ça.
5️⃣ Ensuite : un visuel, même provisoire, pour inviter et propager.
6️⃣ Enfin : logistique, matériel, déclaration.
🎨 Tous les visuels et modèles proposés sont totalement adaptables, transformables, modifiables et réappropriables. Faites-en ce que vous voulez.
 
📄 *LA DÉCLARATION EN PRÉFECTURE, C'EST SIMPLE*
Il s'agit d'une déclaration de manifestation *REVENDICATIVE*. C'est un *droit constitutionnel*. Elle n'est *pas soumise à autorisation*, seulement à déclaration. La préfecture n'a pas à donner son accord, elle peut uniquement prendre un arrêté d'interdiction s'il existe un motif valable.
🗓️ Délai : 72 heures ouvrées avant. Notre conseil : envoyez *avant le mardi 22 septembre*, à la *préfecture* et à la *mairie*, avec le lieu et le parcours.
📬 Des modèles vous seront transmis dans les prochains jours.
 
🗣️ *LE JOUR J, ET APRÈS*
Organisez des réunions en amont. Et le 26, à l'issue de la marche, tenez une *assemblée sur la place de fin* : chacune et chacun pourra s'exprimer et décider des suites à donner localement.
Le 26 septembre n'est qu'un début. Cette mobilisation appartient à toutes celles et ceux qui y participent.
 
💬 *VIE DES GROUPES*
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